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Coup de coeur : Contractions

Coup de coeur : Contractions

CONTRACTIONS [Durée 1h15]
Texte / Mike Bartlett
Mise en scène / Anne Théron
Avec / India Hair et Julie Moulier
Une très grosse entreprise, quelque part dans le monde. Deux femmes, la manager de l’entreprise et Emma une employée. Quatorze rencontres successives où la vie d’Emma va progressivement basculer dans l’horreur. L’impensable se met lentement en place, avec le consentement d’Emma qui ne sait comment résister. La perte d’un amour, puis la mort d’un enfant la conduiront à être une employée parfaite, destinée à augmenter sans cesse son chiffre de vente. Dans une solitude absolue. Car le travail supporte mal, semble-t-il, toute intrusion affective. Pas un mot de trop dans ces quatorze scènes qui marquent comme autant de balises le mouvement de l’assujettissement, celui d’un être à un ordre financier. Pourtant, chez Mike Bartlett, la réalité professionnelle n’est qu’un point de départ. Très vite, elle fabrique du cauchemar – irrationnel comme tout cauchemar – et nous propulse alors dans un univers fantastique où la logique émotionnelle repose sur un pur sentiment de stupéfaction. La mise en scène fonctionne sur la tension du face à face des deux protagonistes, qui font entendre et résonner cet échange glacial dans une esthétique irréelle, loin du style high tech des entreprises contemporaines. Au contraire, ici, de la couleur, mais celle du tungstène de certaines arrières salles dans de vieilles fabriques, idéales pour un passage à tabac sans bruit et sans traces. Peu d’accessoires, – une longue table ovale, aux multiples pieds entrecroisés tel un mille-pattes à l’affût, une étagère suspendue qui coupe l’espace et ne laisse apercevoir que les pas de celle qui plie au fur et à mesure -, une lumière qui creuse des trous d’ombre, et enfin une musique orchestrée qui surgit pour mieux souligner la menace ou le désespoir. Nous sommes ailleurs, dans un hors temps, un non espace, l’endroit du cauchemar. Anne Théron

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